Premières Nations

 

Modèle « Capteur de rêves »

Le Centre d’excellence en trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) du Nouveau Brunswick a élaboré, en partenariat avec les aînés des Premières Nations, un modèle de soins holistiques nommé « Capteur de rêves ». Ce modèle a permis de fusionner la médecine traditionnelle occidentale avec la science des Premières Nations. Il s’agit d’un modèle de prestation de services qui appuie la sécurité et le bien-être des individus et de leur famille. Ensemble, nous avons réussi à créer un espace sûr et propice à la compassion qui permet aux individus et aux familles de partager leur histoire et leurs expériences uniques, ce qui les aide à progresser vers un espace d’espoir et de guérison.

Pour qu’il soit possible de travailler avec les clients, les familles et les communautés des Premières Nations touchés par le TSAF, il fallait tenir compte de la culture et des pratiques dans la prestation des services conformément aux pratiques exemplaires actuelles.

Le modèle Capteur de rêves répond également au mandat et aux recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada : Appels à l’action, plus précisément aux numéros 33 et 34 de celle ci.

 

Capteur de rêve

Le modèle de prestation de services TSAF « Capteur de rêve » place l’enfant et sa famille au centre du processus de guérison.

 

Objectifs du modèle

  • Décoloniser les pratiques courantes du centre d’une manière culturellement appropriée et sécuritaire qui reflète le processus de rétablissement de la paix auprès des Premières Nations en abordant les conflits profondément enracinés du TSAF.
  • Cultiver et établir des relations respectueuses avec les Mi’kmaq et les Malécites de la province du Nouveau-Brunswick.
  • Soutenir les individus atteints du TSAF ainsi que les familles et les communautés des Premières Nations.
  • Élaborer et concevoir des modèles de guérison et de réconciliation propres aux Premières Nations afin de donner suite aux recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada : Appels à l’action et du Centre d’excellence en TSAF.
  • Motiver le changement auprès des communautés et communiquer les connaissances du Centre d’excellence en TSAF basées sur les meilleures pratiques.
  • Aborder les conflits personnels, civiques et administratifs liés au TSAF pour les individus vivant avec le TSAF en incorporant le processus de paix.
  • Répondre aux besoins des individus atteints du TSAF là où ils vivent, apprennent, travaillent et jouent afin qu’ils puissent participer à la société au mieux de leurs capacités tout au long de leur vie.

Les 8 plumes de l’humanité ont été déterminées par les aînés et ont été incorporées dans le capteur de rêves. Elles représentent :

  • le respect; 
  • le courage;
  • l’honnêteté; 
  • la sagesse;
  • la confiance;
  • l’humilité;
  • l’amour;
  • l’esprit.

Le modèle Capteur de rêves permet de placer le client, la famille, la communauté et la culture au centre du cercle des services. Le capteur de rêves tisse les liens culturellement appropriés en utilisant la théorie d’Apigsigtoagen (processus de paix) et permet de remédier au travail en vase clos des professionnels impliqués. Le modèle permet aussi de responsabiliser les intervenants communautaires qui entourent le client. En raison de la complexité du diagnostic de TSAF, cela permet un travail de collaboration et de respect qui se solde par une meilleure prestation de services auprès du client atteint du TSAF.

Le capteur de rêves permet d’aborder les soins de santé de première ligne en tenant compte des déterminants de la santé uniques aux Premières Nations et de cerner les écarts afin de prévenir les effets secondaires et tertiaires qui surviennent à cause de l’absence de services communautaires ou parce que les services communautaires ne répondent pas aux besoins réels des individus atteints du TSAF. Nous espérons qu’il sera possible de mesurer une diminution du nombre d’admissions à l’échelle des soins tertiaires, de garder les jeunes en milieu scolaire et également de mesurer une diminution du nombre de démêlés avec la justice. Nous espérons surtout que les individus atteints du TSAF pourront demeurer dans leur famille et leur communauté pour qu’il soit possible de répondre à leurs besoins culturels.

Le modèle Capteur de rêves est un document vivant, ce qui signifie que ce document peut et doit changer selon les besoins changeants de la famille. Ce document devra donc être continuellement adapté aux besoins changeants du client et de sa famille. Il s’agit d’une responsabilité partagée que nous devons tous assumer pour aider à soutenir l’interdépendance et faire en sorte que les clients atteints du TSAF et leur famille aient une base solide et sécuritaire.

L’avantage du modèle Capteur de rêves, c’est qu’il peut être incorporé à plusieurs autres programmes.

 

Éléments qui différencient le modèle Capteur de rêves des autres modèles

1. Fusionnement de la médecine traditionnelle occidentale avec la science des Premières Nations (partage de paradigmes)
2. Incorporation de pratiques et de cérémonies culturelles
3. Reconnaissance et soutien de la part de 15 communautés autochtones, de l’Agence de la santé publique du Canada, d’Agrément Canada, du principe de Jordan
4. Modèle culturellement approprié et sécuritaire
5. Prise en considération des 94 appels à l’action, plus précisément des numéros 33 et 34 
6. Approche centrée sur les traumatismes antérieurs
7. Modèle accepté par Agrément Canada en janvier 2019 comme pratique exemplaire

 

Demande d’aiguillage


Principe de Jordan

À la mémoire de Jordan River Anderson (1999-2004)

Nommé en l’honneur de Jordan River Anderson, garçonnet de la Première Nation crie de Norway House, au Manitoba, le principe de Jordan est un principe qui place l’intérêt de l’enfant en premier. Né avec des troubles de santé complexes, Jordan a été hospitalisé inutilement pendant plus de deux ans tandis que la province du Manitoba et le gouvernement fédéral se disputaient pour savoir qui paierait ses soins à domicile. Jordan est décédé à l’hôpital à l’âge de cinq ans sans avoir jamais passé une seule journée à la maison avec sa famille (First Nations Caring Society, Jordan’s Principe, 2016).

 

Qu’est-ce que le principe de Jordan?

Le principe de Jordan place l’intérêt de l’enfant en premier de sorte à empêcher que les enfants des Premières Nations se voient refuser des services publics essentiels ou qu’ils soient laissés en attente de services. Le principe de Jordan :

  • s’applique à tous les enfants des Premières Nations, qu’ils vivent ou non dans une réserve
  • s’applique à tous les conflits de compétence entre des ministères fédéraux ou entre les gouvernements fédéral et provinciaux
  • prévoit le paiement des services requis par le gouvernement ou le ministère qui reçoit la demande initiale

 

Historique

  • En 2007, le Parlement adopte à l’unanimité le principe de Jordan, mais sa portée est limitée et ne respecte pas entièrement l’engagement pris 
  • Dans un arrêt faisant autorité rendu le 26 janvier 2016, le Tribunal canadien des droits de la personne ordonne au gouvernement fédéral de cesser d’appliquer sa définition étroite et discriminatoire du principe de Jordan et de prendre des mesures pour appliquer immédiatement le principe de Jordan en lui donnant sa pleine portée et tout son sens (First Nations Caring Society, Jordan’s Principle, 2016)
  • En juillet 2016, le gouvernement fédéral s’engage à la mise en oeuvre complète du principe de Jordan et prévoit 382,5 millions de dollars pour l’embauche de coordonnateurs de services et la création d’un fonds de règlement de l’accès aux services

 

Les enfants des Premières Nations sont-ils tous inclus dans le principe de Jordan? 

Oui. Tous les enfants des Premières Nations âgés de 0 à 19 ans qui ont un besoin reconnu de services de santé, de services sociaux ou de services éducatifs financés par les fonds publics sont inclus, sans égard à leur santé, à leur statut social ou à leur lieu de résidence, c’est-à-dire qu’ils vivent ou non dans une réserve.

 

Quels sont les services et mesures de soutien inclus? 

Si un enfant d’une Première Nation a besoin de services de santé, de services sociaux ou de services d’éducation ou de mesures de soutien financés par les fonds publics qui sont offerts à l’ensemble des autres enfants canadiens, et qu’il n’y a pas accès par l’entremise des programmes qui existent dans la communauté, il est en droit de les obtenir par l’entremise de l’initiative L’enfant d’abord. 

À ce jour, une variété de services et de mesures de soutien ont été offerts, dont :

  • services de santé mentale 
  • traitements de réadaptation (p. ex., traitements d’ergothérapie, d’orthophonie)
  • fournitures et équipement médicaux (non couverts par le programme des SSNA)
  • outils et services de soutien à l’éducation (comme des aides-enseignants)
  • évaluations spécialisées (telles que des évaluations psychopédagogiques, des évaluations d’enfants souffrant d’autisme)

 

Comment les services sont-ils coordonnés à l’échelle locale?

Les coordonnateurs de services locaux aident à déterminer quels enfants des Premières Nations ont besoin de services et constituent le premier point de contact pour les enfants et les familles des Premières Nations. Les coordonnateurs de services travaillent étroitement avec les communautés et les points de contact régionaux de Santé Canada et de l’AANC responsables de l’application du principe de Jordan. Après avoir reçu les demandes de services, les coordonnateurs de services déterminent en collaboration avec la famille quels sont les services requis. Lorsque les services ne sont pas offerts localement, une demande de financement est soumise au fonds de règlement de l’accès aux services et les services commencent.

 

Avec qui les familles doivent-elles communiquer pour avoir accès aux services et aux mesures de soutien?

Quiconque sait qu’un enfant des Premières Nations ne reçoit pas les services de santé et les services sociaux ou les mesures de soutien dont il a besoin est invité à communiquer avec le coordonnateur de services local. La région Atlantique compte 12 coordonnateurs de services, dont quatre au Nouveau-Brunswick. 

Gloria Augustine-Kingsclear, St. Mary’s, Oromocto-gloriaaugustine.mawiw@efned.ca  (902) 483-9980

Jennifer Perley- Woodstock, Tobique, Madawaska, jenniferperley.mawiw@efned.ca (506) 426-0352

Sheila Francis-Esgenoopetitj, Elsipogtog sheilafrancis.mawiw@efned.ca
(506) 993-0209

Katie O’Shea- Eel River Bar, Pabineau, Metepenagiag, Eel Ground, Indian Island, Buctouche et Fort Folly- koshea@mikmaqfamilysupport.com (506) 251-2402